L'environnement culturel, sportif et philosophique du tir à l'arc est riche de plusieurs milliers d'années. En effet, l'homme utilisa d'abord l'arc pour chasser et assurer sa survie. Tout au long du Moyen Age, il a constitué l'arme absolue et les archers se sont regroupés en compagnies prestigieuses.

Illustration de la Guerre de 10 ans
Illustration d'un archer Gallois
Illustration de la la bataille de Crécy

Compagnies et Confréries ont été dissoutes après la révolution. L'arc a été réintroduit de manière pacifique au XIXe siècle et ses adeptes, s'appuyant sur les rites de la chevalerie se sont organisés en Compagnies avec leurs rondes (en Picardie) et leurs familles (en Ile de France). En 1900 à Paris, ce sport est discipline Olympique pour la seconde édition des jeux modernes. Il le sera jusqu'à son exclusion en 1920 faute de participants

Avec cinq médailles remportées aux Jeux olympiques de 1920, Julien Brulé est l'archer olympique, de la compagnie de Nogent-sur-Oise, le plus décoré lors d'une même édition, derrière Hubert Van Innis. Il convient toutefois de noter qu'il a réalisé ce exploit en 1920, alors que les épreuves olympiques de tir à l'arc comptaient neuf épreuves (contre quatre aujourd'hui) et que la plupart des compétitions ne réunissaient que deux nations. Julien Brulé, qui travaillait comme charpentier au quotidien, a participé aux épreuves olympiques de tir à l'arc sur cible. Il y a affronté Van Innis, qu'il a battu dans l'épreuve individuelle du 50 mètres. Il a perdu contre Van Innis dans l'épreuve du 33 mètres, et a ajouté deux médailles d'argent par équipes (les deux fois derrière les Belges) et une médaille de bronze par équipes (derrière les Pays-Bas et la Belgique). Outre son titre olympique, Brulé a également remporté trois titres de champion de France de tir à l'arc sur cible, en 1914, 1921 et 1924.
En 2025, sa famille a fait don de l'une de ses médailles à la compagnie.

Julien Louis Brulé
Julien Louis Brulé
Julien Louis Brulé
Julien Louis Brulé

Peu à peu "le monde" du tir à l'arc s'organise et se dote d'une fédération en 1928. En 1972 il réapparait aux yeux du grand public en devenant sport olympique aux jeux de Munich. Le matériel a évolué, les flèches ne sont plus en bois mais en aluminium, plus fines, plus légères, plus rapides (180 km/h contre 130km/h). Les arcs sont équipés de viseur et de stabilisateurs. Les tirs sont plus précis et les scores augmentent.

Dans les années 50, le clicker fait son apparition ce qui va aider considérablement l'archer dans la régularité de son mouvement.

En 1960, Camille Trouverie a offert à la délégation française une médaille paralympique d'or en individuel arc nu aux Jeux Paralympique de ROME.

Camille Trouverie

En 1984 nouvelle révolution, les flèches en aluminium carbone ou tout carbone filent à 270km/h. Les cordes en lin cirée sont remplacées d'abord par du dacron (résistant mais souple) ou du kevlar (rapide mais rigide) puis par le Fast flight qui combine toutes les qualités et restitue parfaitement l'énergie venue des branches.

Aujourd'hui encore le matériel ne cesse d'évoluer et avec nos arc modernes, mélange de fibre de verre, de carbone, de céramique, de mousse synthétique, de colle, d'aluminium, de bois lamellé etc... un archer n'exerce qu'à peine la moitié de la force que devait fournir un archer du moyen âge pour envoyer sa flèche aussi loin mais avec une précision sans comparaison.

En 1992, afin de promouvoir encore d'avantage notre discipline en la rendant plus simple à comprendre et donc plus attractive, les épreuves ont été modernisées autour de phases qualificatives et de tirs éliminatoires sous forme de duel en individuel mais aussi en équipe. Les tirs s'effectuent sur une distance unique : 70 mètres. C'est cette même année que Sébastien Flûte remporta son titre de champion olympique en individuel arc classique aux Jeux Olympique de BARCELONE.

Sébastien Flute

En 2008, les archères Bérengère Schuch, Sophie Dodemont et Virginie Arnold ont offert à la délégation française une médaille olympique de Bronze en terminant troisième par équipes arc classique aux Jeux Olympique de PEKIN. Et Fabrice Meunier une médaille d'argent en individuel arc classique aux Jeux Paralympiques de PEKIN.

Sophie Dodémont, Virginie Arnold et Berengere Schuh
Fabrice Meunier

En 2016, Jean-Charles Valladont a offert à la délégation française une médaille olympique d'argent en terminant troisième en individuel arc classique aux Jeux Olympique de RIO.

Jean-Charles Valendon

En 2024, Les archers Baptiste Addis, Thomas Chirault et Jean-Charles Valladont ont offert à la délégation française une médaille olympique d'Argent en terminant deuxième par équipes aux Jeux Olympique de PEKIN de PARIS. Et Lisa Barbelin a offert à la délégation française une nouvelle médaille olympique de bronze en terminant troisième en individuel aux Jeux Olympique de PARIS.

Lisa Barbelin
Baptiste Addisn, Thomas Chirault et Jean-Charles Valladont

La création de notre Compagnie d'Arc de Nogent sur Oise remonte, quant à elle, à 1824. Fidèles aux traditions de chevalerie, nous célébrons chaque année, en janvier, la messe de la Saint Sébastien (le saint patron des archers), nous organisons au mois de Mars, le tir de l'Abat l'Oiseau où se décide qui seront nos Roi et Roitelet de l'année, et nous participons au printemps, à la grande fête de l'archerie traditionnelle, la parade du Bouquet Provincial, que la Compagnie a d'ailleurs organisée à deux reprises à Nogent, en 1857 et 1912.

Bouquet provincial de Nogent-sur-Oise. Cortège Les Demoiselles de Nogent

C'est pourquoi, respectueux des convenances, nous ne pouvons raconter notre Compagnie sans vous accueillir par la formule consacrée :

" Mesdames, Messieurs nous vous saluons. "


© 2024 KMSP - Alain Grosclaude pour la photo de Lisa Barbelin
© 2024 Montigny Philippe / KMSP - pour la photo Baptiste Addis, Thomas Chirault et Jean-Charles Valladont
© 2024 FFTA pour les montages photos des athlètes olympiques et des athlètes paralympiques