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Les origines
Si, depuis Charlemagne des compagnies d'archers existent, le « berceau » du tir à l'arc se situe entre le Valois, le Vermandois et l'Artois durant la période troublée de la guerre de cent ans. A cette époque les cités, récemment émancipées se dotent d'une police municipale essentiellement composée d'archers. Les princes locaux ne manqueront pas d'utiliser ces troupes efficaces contre leurs rivaux (voir « Les Francs Archers »). En particuliers les anglais, redoutables sur les champs de bataille grâce à leurs « Long Bows ».
Ces « Gens d'Arme » (d'où les Gendarmes actuels) ont alors besoin de locaux adaptés à leur entraînement. Ainsi sont créés les « Jardins d'Arc » ou « Jeux d'Arc ». Ces installations devaient permettre aux archers un entraînement dans toutes les situations de tir : Face au soleil et dos à celui-ci. L'emplacement est choisi de façon à être visible depuis la tour du château afin de permettre le contrôle des entraînements mais aussi l'alerte des archers en cas d'agression. La pratique s'appellera le tir au « Beursault » du vieux français « Bersail » (le but des flèches) et « Bersaut » (la cible).
Au 15ème siècle, tirer à l'arc se disait « Bersailler ».
Le jeu est ainsi constitué : Deux « Buttes » sont placées face à face a une distance d'environ 54 mètres. L'archer se trouve sur un « Placet » à 50m (25 toises) de la butte qui lui fait face. La première butte visée (opposée a l'entrée du jeu) est la butte « d' Attaque » ; au retour, la butte accolée à la salle d'arme, est la butte « Maîtresse ».
L'espace compris entre les deux buttes est appelée « Allée du roy ». Seul, le roy désigné lors de l'abat l'oiseau peut l'emprunter et les autres archers se rendrons d'une butte à l'autre en empruntant !' « Allée des Chevaliers » sur le coté.
L'allée du roy est bordée par des « Gardes » protégeant l'environnement des flèches perdues.

La cible, appelée « Carte », représente l'adversaire dont le point faible est le défaut de l'équipement situé entre la taille et les chausses à l mètre du sol.
Au centre se trouve une zone appelée « Chapelet » d'un diamètre intérieur de 125mm qui correspond à une « Douleur » (3 points) lorsque l'archer l'atteint. Au centre un « Noir » de 40mm rapporte 4 points s'il est touché (56mm pour 3 points au bouquet provincial).
Au moyen-âge les fÎèches (en bois) avaient des caractéristiques très différentes les unes des autres aussi il était préférable d'utiliser la même flèche tout au long de l'exercice. L'archer va tirer cette flèche sur la butte d'attaque puis, après l'avoir relevée, la tirera sur la butte maîtresse. Cet aller-retour s'appelle une « Halte ». La compétition ordinaire comprend 20 haltes. L'objectif étant d'atteindre à tout coup l'adversaire ; on ne compte que les impacts dans la cible d'un diamètre intérieur de 45cm correspondant à la poitrine d'un soldat moyen. Une flèche dans la cible est donc appelée un « Honneur » et l'archer ayant le plus d'honneurs est vainqueur. En cas d'égalité de flèches en cible on comptera les points (de 1 pour le cercle extérieur à 4 pour le noir). Lorsqu'une flèche touche le bord d'une zone elle est comptée au désavantage car, si eile touche le bord de l'armure, elle est déviée à l'extérieur.
Le protocole, hérité des règlements de la chevalerie, est très strict: Avant de tirer sa première flèche, l'archer, en m'étant sur le placet doit saluer ses partenaires et adversaires :
« Mesdames et Messieurs les Archers je vous salue »
Les archers présents doivent répondre au salut et ne montent à la butte d'attaque qu'après avoir salué le dernier des participants.
Un « Marmot » peut être placé sur la carte. Il s'agit d'un carton de la taille du chapelet pennettant de conserver la trace des flèches ayant atteint le centre de la cible. Un prix « au Noir » sera ainsi décerné à la meilleure flèche de la compétition. Lorsqu'une flèche atteint le « Noir » le marmot est relevé ; il est présenté à l'archer auteur du coup, pointe de la flèche en bas, et celui-ci doit la retirer en la prenant entre le carton et l'empennage en disant « Merci Chevalier ». Un nouveau marmot est alors remis sur la carte et le « Panton » (marqueur ou greffier) dit alors: « Il est là ».
Un tronc est placé devant le pas de tir de la butte maîtresse et chaque parole jugée incorrecte doit être sanctionnée d'une amende déposée dans celui-ci. La moralité des Chevaliers et des archers doit être irréprochable. Le « Censeur » est le garant du respect des règlements.
Aucun archer ne tirera « sur un mort » : Si une flèche se plante à terre ou dans une garde, la partie est arrêtée et la flèche doit être ramassée avant que le tir ne puisse se poursuivre.
Aucune butte ne doit rester nue : une carte doit y être en permanence présente sinon la butte « Pleure ».
La « Grande Balade » et la « Petite Balade » désignent respectivement l'avant dernière et la dernière halte de la partie. Un Chevalier se doit de faire de sa première et dernière flèche un honneur.
A l'issue de la partie une dernière halte est tirée pour le salut des buttes: « Mesdames, Messieurs je Les salue », aucun des archers présents ne répond alors.