La partie de deuil

Lorsqu'un sociétaire de la compagnie décède une période de deuil est alors déclarée en hommage au défunt. Il est d'usage d'interrompre tous les tirs dans son jeu. Toutes les cartes sont alors enlevées des buttes.
Après l'enterrement, une rencontre entre les archers de la compagnie sera organisée en présence de la famille. Le salut avant la première flèche est alors « En mémoire de ... mesdames, messieurs je vous salue ».
A la fin de la rencontre les deux derniers archers retirent les cartes et les rapportent par l'allée du roy dans la salle d'arme. Tous les archers signent les cartes dont une est remise à la famille tandis que l'autre sera affichée dans le logis.

Les Francs-archers

L'ordonnance de Charles VII du 28 avril 1448, qui instituait les francs-archers, portait que, dans chaque paroisse, il y aurait un archer choisi par les élus du roy parmi les plus habiles tireurs ; il devait entretenir en bon état son équipement composé de salade, brigandine, jaque, hoqueton, arc, trousse, et flèches, s'exercer aux jours de fête et entrer en compagne à la première réquisition du roy. L'entretien de l'équipement des francs-archers pauvres était à la charge des habitants (de mai à août 1456, en pleine paix, la dépense en réparation d'habillement se montait à 23 livres et 13 sous soit environ 400 € d'aujourd'hui).

En temps de paix le franc-archer restait dans ses foyers et ne recevait aucune solde, mais il était exempt d'impôt (d'où le nom donné à ces miliciens) et de diverses charges telles que le quet, le logement des gens de guerre, etc. En campagne il était payé à raison de quatre à neuf livres tournois par mois selon les circonstances. Leur nombre était fixé à l'archer pour 50 feux. S'ils étaient dispensés du guet ces Franc-Archers étaient souvent employés par les communes à la sureté de la ville lors des manifestations et fêtes. Ainsi, en 1949, les Francs-Archers de Compiègne furent rémunérés 12 sous chacun pour avoir gardé les portes du pont, de Paris et de Perrefonds pendant deux jours et deux nuits, en 1456 ils reçurent chacun 4 sous par jours pour ce travail.

Le comportement des francs-archers envers les populations locales lors des campagnes et leur coût conduisit à leur suppression en 1480.

Cependant la pratique du tir à l'arc au jeu s'est perpétuée jusqu'à nos jours au travers de compagnies très nombreuses dans leur région d'origine (Valois, Vermandois, Artois...).