L'histoire
II semble bien que l'origine des Bouquets Provinciaux remonte au temps lointain du Moyen Age. Les brillantes compagnies d'arc d'alors, entre deux exploits sur les champs de bataille, continuaient à se mesurer entre elles. Durant la guerre de cent ans qui a vu la création des « Francs Archers » des parades étaient régulièrement organisées par le roi de France afin de contrôler l'entraînement et l'équipement des archers employés lors des affrontements. Ces rassemblements semblent ètres à l'origine des nos bouquets.
En 1659, en pleine période troublée de la fronde, la Compagnie de Coincy a rendu un Bouquet. Ceci est consigné par écrit. Mais il est fait mention de Bouquets plus anciens. On sait, par exemple, qu'en 1439, les Compagnies de Brie, Champagne, Ile-de-France et Picardie, ont souscrit un Concordat destiné à assurer un roulement entre leurs villes, pour la présentation des Bouquets.
C'était alors des manifestations éblouissantes dont rien de ce qui se passe de nos jours, ne peut donner une idée. Avec les moyens limités de communications, les participants devaient séjourner dans la localité, pendant toute la durée des concours. Et, comme les compagnies se composaent de 50, 80, 100 et même 150 archers, l'affluence était énorme. Le commerce local vivait alors une période d'enrichissement considérable.
Bien entendu, une fois les auberges remplies, la majorité des visiteurs devait être logée chez l'habitant. C'est pourquoi les villages durent bien vite renoncer à organiser de tels tournois, leurs ressources étant trop modestes. Ils se replièrent sur eux-mêmes et organisèrent entre eux des Bouquets Provinciaux moins imposants.
La fleur cantonale fut alors instituée consistant en une manifestation moins grandiose mais elle a disparue aujourd'hui sauf dans le sud de l'aisne.
A remarquer que si les meilleurs tireurs, les champions, reçoivent tout naturellement une récompense, il y aura aussi des prix réservés aux compagnies les plus nombreuses, à celles qui auront fait le plus long déplacement ou aux costumes les plus somptueux qu'elles portent.
Le grand vainqueur rapporte à sa compagnie l'honneur de rendre le Bouquet suivant.
Cette compagnie ira alors chercher le bouquet puis le ramènera chez elle en s'arrêtant dans chaque village, invité par les compagnies locales situées sur le chemin.
Dans certaines régions un objet d'art est réalisé à l'occasion de cette fête. Cet objet est remis avec le bouquet et la compagnie que le reçoit l'expose ensuite dans son église.
Jusque une époque récente un bouquet était rendu dans chaque ronde (Une « ronde » est justement une réunion de compagnies d'arc voisines à l'intérieur de laquelle tourne le bouquet) mais compte tenu de la difficulté d'organisation de cette manifestation les bouquets ont étés étendus à l'ensemble des compagnies d'arc.
Cette tradition se perpétue essentiellement dans le nord de la France (Picardie, Ile de France, Champagne).
Le jour de la parade
Toutes les compagnies sont invitées à présenter leur drapeau le matin de ce jour afin de retirer un numéro d'ordre dans le défilé. Il faut remarquer que, pour les ligues du nord de la France (Flandres, Picardie, Champagne, Normandie et Ile de France) la participation au Bouquet est obligatoire pour participer au Championnat de France de tir Beursault.
Le défilé
En tête de la procession on trouvera les demoiselles portant le bouquet. Les compagnies qui ont offert le bouquet, reçu le bouquet ou (si elle est connue) recevra le bouquet l'année suivante. Puis se trouvent les personnalités locales, les représentants de la fédération puis le roi de France suivi des rois des diverses compagnies.
Enfin suivent dans l'ordre de leur inscription les compagnies présentant leur drapeau. Les archers défilent sur deux rangs, les drapeaux au milieu. Un tel défilé représente environ 300 compagnies et 2 à 3000 Archers. Le cortège est agrémenté de chars. Ceux-ci, réalisés par les habitants de la commune représentent des spécialités du canton ou les associations locales. Des animations sont également présentes, majorettes, fanfares, danseurs ... dans une ambiance de convivialité et de fête.
Tout au long du trajet les rues et les habitations sont décorées de fleurs et de motifs divers.
La messe
La parade se termine à l'église de la localité ou une messe est célébrée en l'honneur des archers.
Cette messe peut se dérouler en plein air ou, comme à Noyon, dans une cathédrale si elle peut accueillir les nombreux drapeaux qui se doivent d'y assister.
Le grand prix
Dès le lendemain de la parade commence le grand prix.
Cette compétition se déroule dans le jeu d'arc de la compagnie organisatrice et se tire en 20 haltes (40 flèches) sur une cible de 45 cm analogue à la cible de tir Beursault mais ne comportant pas de chapelet et 3 zones de score seulement. On place sur celle-ci un « marmot » sur lequel figure le chapelet et un « noir » de 56mm de diamètre, qui permettra de relever les meilleurs flèches afin de désigner le tireur le plus performants.
Chaque compagnie prendra rendez-vous pour tirer le bouquet durant l'été. Cela demandera une présence continuelle des sociétaires de la compagnie orgnisatrice.
Après 4 mois de tirs qui peuvent réunir 3 000 archers un classement est effectué selon le nombre de « coup d'honneur » (c'est à dire de flèches à l'intérieur du cercle de 45 cm) puis au nombre de points.
La remise des prix est organisée en Octobre. Un vase de Sèvre offert par le président de la république récompensera l'archer ayant réussi la plus belle flèche.
Les récompenses sont souvent en espèces. C'est pourquoi de nombreux « sponsors » sont sollicités. Le bouquet de Compiègne, en 1929, avait une dotation de 13 000 francs et le meilleur archer du grand prix recevait 300 francs.
De nos jours il est d'usage d'éditer une assiette commémorative de cet événement. Cette assiette, le jour de la parade, est le lot récompensant le tireur qui aura fait la meilleure flèche d'une équipe lors du tir aux assiettes. Elle est également gagnée par l'archer qui, après avoir misé, aura touché une pastille collée à la cible lors du tir du grand prix.
Source : « Les tradition du tir à l'arc » par la Ligue de Picardie de Tir à l'Arc (2010) réalisé par la Commission Tradition de la ligue de picardie.
En en 1857 et 1912, Nogent eu l'occasion d'organiser le Bouquet Provincial. Vous pourrez retrouver une rétrospective de celui de 1912 dans l'album photos qui lui est dédié.